" Driiiing ! "
Madame Brichon - peignoir mauve fleuri, charentaises aux pieds et bigoudis sur la tête - ouvre sa porte et dévisage
l'homme qui se tient debout, face à elle, sur le palier du troisième étage. Costume et cravate sombre, le cheveu court,
l'attaché-case à la main : certainement un représentant.
- Ai-je bien l'honneur de parler à madame Brichon ?
- Oui, acquiesce la dame qui s'interroge aussitôt : doit-elle attendre qu'il lui propose une assurances multirisques avant
de refuser, ou bien anticipe-t-elle avec un " non " ferme et définitif qui la débarrassera rapidement du gêneur ?
- Enchanté, chère madame. Vous avez sollicité mes services hier, et comme j'avais un rendez-vous dans la région, j'en ai
profité pour vous rendre cette petite visite afin de ne pas vous faire attendre davantage.
Il y a un bref silence durant lequel la dame cherche dans sa mémoire qui peut bien être ce personnage, qu'elle est persuadée
ne pas connaître, mais à qui elle aurait, paraît-il, fait appel.
- Vous devez vous tromper de personne, suggère-t-elle aimablement, ou bien d'étage, cela arrive souvent vous savez.
L'homme prend un air étonné, consulte son agenda, et fait un signe négatif de la tête.
- Non-non. Madame Brichon, douze rue des Platanes, troisième étage, porte trente-sept, il n'y a pas d'erreur.
Et d'un pas assuré, l'homme passe devant la dame - tout interdite - et se dirige droit vers la salle à manger. Lorsque
la dame le rattrape, il a ouvert son attaché-case sur la table, et en a extirpé une liasse de documents qu'il étale
tranquillement.
- Mais enfin, monsieur, proteste la dame, je ne vous connais pas.
- Hier après-midi, à… (il consulte à nouveau son agenda) seize heures vingt-trois minutes, onze secondes, vous avez souhaité
bénéficier de la somme de cent cinquante mille euros en échange de votre âme ?
La dame Brichon reste la bouche ouverte, l'air stupide.
L'homme lui tend les documents et un stylo :
- Vous mettez une signature en bas de chacune des huit pages - excusez-moi mais vous connaissez l'administration et sa
paperasserie - et vous touchez votre argent dans l'heure qui suit. Le remboursement aura lieu dans dix ans, en une seule
mensualité.
- Le remboursement… ? bredouille madame Brichon dont le cerveau est au bord de la surchauffe.
- Dans dix ans, votre âme appartiendra au diable… C'est bien ce que vous avez demandé, chère madame ?
- Oui, sûrement, répond la dame qui n'a plus maintenant le moindre doute. Cet homme est un fou échappé d'un asile ; si elle
ne lui obéit pas, il risque de se mettre dans une colère effroyable. Donc, elle prend le stylo et signe les huit feuillets
sans broncher.
L'homme remballe le tout dans son attaché-case, se lève et se dirige vers la porte :
- C'était vraiment un plaisir de traiter avec vous, madame Brichon. D'habitude, je dois me montrer plus persuasif avec mes
futurs clients aussi croyez bien que j'apprécie votre rapidité de décision. Bonne journée, chère madame.
La porte a claqué aussitôt après le départ de l'énergumène. Madame Brichon pousse un énorme soupir de soulagement ;
son mari lui a souvent répété qu'elle avait beaucoup de présence d'esprit, ça lui a été bien utile pour une
fois.
" Driiing ! "
Mon Dieu ! Il est de retour. Cette fois-ci, pas question de lui ouvrir. La dame jette un
coup d'œil prudent dans l'œilleton mais au lieu du forcené, elle distingue une jeune femme au visage rassurant. Après
une courte hésitation, elle entrebâille prudemment sa porte.
- Madame Brichon ?
- Oui, fait la dame, un peu inquiète tout de même.
- Je suis maître Tissard, notaire à Menton. Vous avez bien un oncle qui s'appelle " Emile Brichon " et qui est commerçant
à Josy-les-Corneilles ?
- Oui, confirme madame Brichon qui attend la suite en ouvrant de grands yeux étonnés.
- Je suis au regret de vous apprendre le décès de votre oncle, madame Brichon, toutefois je vous apporte également une
bonne nouvelle : il vous a légué en héritage la somme de cent cinquante mille euros.
Il y a d'abord un silence, puis un bruit sourd : madame Brichon vient de s'évanouir.
Tandis que maître Tissard se portait au secours de la bienheureuse héritière, le diable ressortait de l'immeuble.
Il remonta dans sa voiture et déposa son attaché-case sur le siège passager. Un coup d'œil à sa montre puis à son agenda…
Et il se frotta les mains ; la journée avait bien débuté, il n'y avait plus qu'à espérer que cela continue sur la même
lancée. Il mit le contact, alluma la radio, boucla sa ceinture - on n'est jamais trop prudent - et enclencha la marche
avant.
Pas question de s'attarder, il avait deux cents kilomètres à faire avant d'arriver chez son prochain client. Un cas très
intéressant, d'ailleurs. Un escroc à la petite semaine qui rêvait de devenir un caïd, une sorte de " parrain " de toute
la région. Un petit magouilleur avec un casier judiciaire long comme un jour sans pain : vols en tous genres, agressions,
cambriolages… Un minable, mais un futur client quand même.
Le diable fit une courte pause, le temps de déjeuner, puis il reprit la route qui le mena devant une maison à
demi délabrée.
Il alla frapper à la porte. Un homme mal rasé, au cheveu rare et à l'air bougon lui ouvrit.
- Je veux rien acheter ! Fous le camp ou je prends mon fusil ! lâcha-t-il, pas très accueillant.
- Monsieur… Albert Groche, dit Bébert la Cogne ?
- T'as pas entendu ce que je viens de te dire, mon gars ?
- Nous pourrions discuter autour d'un verre, vous ne croyez pas ? répondit le représentant en
sortant de derrière son dos une bouteille d'un excellent whisky.
La porte s'ouvrit largement... et le diable entra. Car Bébert était aussi un grand buveur
d'alcool ; personne n'est parfait. Et devant deux verres pleins à ras bord, la conversation s'engagea.
- D'abord, t'es qui, toi ? interrogea le truand avant d'avaler son whisky d'une seule lampée.
- Je peux vous offrir tout ce que vous voulez, proposa aimablement le représentant en remplissant, à nouveau, le verre de
Bébert.
Il ouvrit son dossier et exhiba la photo en couleur d'une magnifique villa.
- Trois cents mètres carrés, cinq chambres avec chacune une salle de bain, bureau, sauna, salle de sport - tout équipée
bien sûr - et une piscine de huit mètres sur quinze avec un terrain magnifiquement arboré. C'est bien ce que vous
souhaitiez ?
Bébert manqua s'étrangler avec son whisky.
- Et d'abord, comment tu sais ça ? aboya-t-il en arrachant la photo des mains du représentant.
Perdant soudain son air bourru, il se mit à caresser, de sa grosse main, le papier
glacé.
- J'en rêve depuis que je suis môme. Il y a exactement la même pas très loin d'ici, je passais devant quand j'allais à
l'école. Je m'étais juré d'en avoir une pareille, un jour.
Son regard fixe l'homme en costume sombre qui lui fait un large sourire commercial.
- Si vous le désirez cette propriété vous appartient, il vous suffit de signer ces papiers en huit exemplaires.
En échange…
- En échange ! s'esclaffe Bébert. Hé ! Mon gars, tu m'as bien regardé ? Je n'ai rien à te
donner, absolument rien. Niet, nada, des clous.
- Je me contenterai de votre âme, prononce doucereusement le V.R.P.
Bébert la Cogne semble mettre un peu de temps à réaliser ce qu'il vient d'entendre,
puis tout à coup :
- Tu veux me faire croire que t'es le diable ? Tu sais, mon gars, je ne suis pas encore bourré à ce point, faudra que
tu y mettes du tien pour me convaincre.
Le représentant se lève, gagne le milieu de la pièce et claque dans ses doigts. A la seconde même, devant un Bébert
médusé, il se métamorphose en un diable noir cornu aux ailes déployées, entouré d'un brasier rougeoyant. Puis
il reprend sa forme initiale, et retourne s'asseoir.
Bébert avale deux grands verres d'affilée, il en a bien besoin.
- Vous signez et vous ne remboursez que dans un an, dit le représentant qui sent son client à point.
Bébert prend le stylo et hésite :
- En plus, je peux avoir une voiture de sport ?
- Bien entendu. Nous ajustons nos contrats à la demande, seulement le remboursement sera plus court. C'est-à-dire…
- Je m'en fous de ton remboursement, s'énerve Bébert. Tu peux prendre mon âme si tu me donnes ce que je veux. Et tant que
tu y es, rajoute aussi une fille, mais une chouette, hein ? Pas une occase. Je veux tout ça.
- Je me dois d'attirer votre attention sur le rembour…
- Tu me lâches avec ton remboursement ! s'emporte grossièrement Bébert. C'est oui ou tu te casses. Alors…
- Signez-là, dit sobrement le diable.
Puis il range prestement les papiers, et donne quelques explications :
- Vous êtes un habitué des champs de course, n'est-ce pas ? Je sais que vous suivez particulièrement les courses d'obstacles.
Tout à l'heure, pour votre tiercé, vous choisirez les trois derniers chevaux de la liste. Ce sont des outsiders, de vrai
tocards, le montant des gains sera exceptionnel. Je vous annonce que la villa de votre enfance est actuellement en vente.
En ce qui concerne la voiture, il vous suffira d'aller chez un concessionnaire, et enfin pour la fille, je suis sûr
que vous saurez où la trouver. Au revoir, cher monsieur.
" Et même à très bientôt ", ricana le diable en remontant dans sa voiture.
Il se frotta les mains ; il venait de réussir l'affaire de la semaine.
" Avec ça, si je ne décroche pas le titre de meilleur vendeur du mois, je veux bien brûler en enfer le restant de mes
jours ! "
Et il éclata d'un rire démoniaque.
- Messieurs, j'aimerais avoir votre attention…
La douzaine de diables, rassemblés autour d'une longue table, firent silence et tendirent l'oreille.
- Je commencerai par une bonne nouvelle. La récompense du meilleur vendeur du mois est décernée à Lucifer, pour la
cinquième fois cette année je dois le souligner. Bravo et toutes mes félicitations !
Lucifer arbora un visage vaniteux tandis que ces collègues baissaient la tête, dépités.
- Toutefois, poursuivit l'orateur, je dois aussi vous faire part de mauvaises nouvelles. Etant donné la conjoncture actuelle,
l'état de la Bourse et du chômage, nous allons devoir subir, nous aussi, un plan social. Deux d'entre vous, ceux ayant fait
les plus mauvais résultats, vont faire l'objet d'un licenciement. Ils retourneront vivre en enfer en attendant des jours
meilleurs. Quant aux autres, ils devront diminuer le montant des offres et raccourcir les délais de
remboursement, afin d'améliorer notre rendement.
Cette annonce provoqua un véritable tollé.
- C'est impossible ! tempêta un diable. Nous avons déjà du mal à trouver des clients parce que la concurrence est rude,
il ne faut pas l'oublier. Les anges promettent le paradis et il y a des gens qui se laissent tenter. Oui, malheureusement,
ça existe, il y a des gens qui sont prêts à croire n'importe quoi.
Le responsable attendit que le calme revienne.
- Je suis navré et croyez-bien que je compatis mais je ne fais que répéter les ordres qui proviennent d'en bas, vous le savez.
Il faudra vous adapter mais je suis certain que vous y parviendrez. Merci messieurs et... Bon courage !
La salle se vida, les représentants se dispersèrent.
Notre diable décida d'entrer dans un bar avant de retourner à son hôtel ; son moral n'était pas au beau fixe. Lucifer
lui avait encore soufflé le titre de meilleur vendeur du mois. Quelle poisse ! Et le sort de ses deux collègues qui
allaient être renvoyés en enfer ne lui apparaissait pas enviable. Passer sa vie à entendre les hurlements des âmes
perdues qui brûlent dans les flammes éternelles… On s'en lasse vite.
Le diable sirota son cognac tout en jetant un coup d'œil distrait sur l'écran de télévision qui surplombait un coin
de la salle. C'était l'heure du journal avec son lot d'informations toutes plus démoralisantes les unes que les
autres.
- Un meurtre a eu lieu sur un champ de course, annonçait le présentateur. Albert Groche, surnommé " Bébert la Cogne ", a été
abattu de cinq balles dans le corps, il pourrait s'agir d'un règlement de comptes entre truands. La police a ouvert une
enquête.
" J'ai bien essayé de lui dire qu'il avait les dents trop longues, pensa le diable. Il n'en aura pas profité bien
longtemps. Enfin… Trois mois, c'est mieux que rien. "
Il finit son verre et regagna sa voiture. Ce soir, il se sentait fatigué, presque démoralisé.
Il fut content de retrouver sa chambre à l'hôtel du Bélial, avec vue imprenable sur le cimetière.
Madame Lejeanne recevait deux de ses amies dans le cadre d'une réunion de vente à domicile. Confortablement assises
sur le divan, les dames se régalaient d'un délicieux morceau du cake, confectionné par leur hôtesse, tout en jetant
des regards intrigués au représentant occupé à extirper un classeur de son attaché-case. Il faut dire qu'au lieu de
vendre les habituelles boites destinées au rangement de la cuisine ou autres produits d'entretien, ce monsieur
prétendait détenir un " système infaillible " permettant de gagner à tous les jeux de hasard.
Tout en dégustant le gâteau de madame Lejeanne, les deux dames firent part de leur scepticisme.
- Comment être certaine que ce n'est pas un attrape-nigaud ? Ce ne serait pas la première fois.
- Mais ça marche vraiment ! Je l'ai vu de mes propres yeux, leur asséna l'hôtesse d'un ton plein de conviction. J'ai une
voisine qui l'a utilisé, et bien, au moment précis où je vous parle, elle passe deux semaines de vacances à la Guadeloupe.
D'ailleurs, c'est elle qui m'a suggéré de contacter ce charmant monsieur afin d'organiser une réunion.
L'étonnement apparut sur les visages.
- Tant pis pour vous si vous laissez échapper une occasion pareille, avertit madame Lejeanne, mais moi je l'achète
les yeux fermés. J'en ai assez de ma vieille guimbarde toute rouillée, j'ai envie d'une nouvelle voiture avec tous les
gadgets à la mode : les vitres électriques, la climatisation et tout le reste.
Le V.R.P. lui tend les papiers qu'elle signe aussitôt. Assise à côté d'elle, Madame Dupont hésite encore ; un détail
l'inquiète.
- J'ai peur que ce genre de système ne soit trop compliqué pour moi, explique-t-elle.
La voix du diable se fait persuasive :
- Son utilisation est d'une simplicité enfantine, je vous le garantis. Voyons, il y a bien quelque chose qui vous ferez
plaisir. Un voyage, une maison peut-être…
Les yeux de la brave dame s'illuminent :
- Il y a une très jolie villa en construction dans le nouveau lotissement entre la voie ferrée et l'usine d'incinération,
avoue-t-elle en rougissant.
- A quelle sorte de jeu jouez-vous ?
- C'est mon mari. Il fait son loto tous les samedis, sans jamais en manquer un seul.
- Vous signez là… (il lui tend les papiers) et voici la formule magique (il lui donne en échange une enveloppe rouge)
Les numéros gagnants sont à l'intérieur.
- Je voudrais tant changer les meubles de ma salle à manger, se lamente Madame Mory. Et aussi mon vieux réfrigérateur qui
menace de me lâcher à chaque instant… Je joue au Kéno.
- Voici le stylo, chère madame, (elle signe) et la solution à tous vos problèmes (l'enveloppe est verte)
- On ne vous a même pas demandé combien ça coûtait ? réalise soudain madame Dupont. Un système comme celui-là doit valoir
une petite fortune…
- On rembourse dans quinze ans, assène l'hôtesse qui s'interroge déjà sur la couleur de sa prochaine voiture.
De larges sourires s'épanouissent sur les visages. Quinze ans ! Le représentant les aura oubliées d'ici là.
Pensez-donc !
Le diable quitta le petit logement sans bruit, laissant derrière lui madame Lejeanne et ses deux amies bavardant
à bâtons rompus devant une tasse de thé.
" Une maisonnette, une voiture et quelques meubles… Pas de quoi pavoiser, médita le diable
en attendant l'ascenseur. Décidément ces réunions ne sont plus rentables. "
Assis dans un petit bistrot crasseux, le diable noyait sa déprime dans un double cognac ; le quatrième qu'il
avalait en moins d'une heure. Ce dernier mois avait été très mauvais. A la prochaine réunion, le couperet risquait
à nouveau de tomber, d'autres licenciements étaient à redouter. L'enfer comme décor " ad vitam eternam ", c'était
franchement démoralisant.
Son voisin de table - un jeune homme au crâne rasé arborant des piercings au nez et aux oreilles - s'inquiéta de sa
mine découragée et engagea la conversation.
- Le boulot ne va pas fort, avoua le diable. Si je me retrouve au chômage, il faudra que je retourne vivre au foyer.
Je suis au bout du rouleau.
- Je peux peut-être vous apporter mon aide et croyez-moi, j'en serais très heureux. Imaginez le sable blanc, les palmiers,
une mer turquoise et un ciel bleu sans nuages. Vous pourrez vous adonner à longueur de journées à vos distractions
favorites : le sport, la farniente, les jolies filles. Finis les soucis, les problèmes, le boulot. A vous le rêve,
la détente, le bonheur illimité.
Le diable poussa un gros soupir. C'était trop beau pour être vrai.
- Vous vous moquez de moi ?
- Je ne me le permettrais pas.
- Que dois-je faire ? demanda le diable prêt à tout pour échapper à sa noirceur quotidienne.
- Signez-là, répondit le personnage en lui tendant six feuillets.
- Je rembourse quand ?
- Jamais.
- Mais j'ai bien quelque chose à faire en échange ?
- Oui, acquiesça le jeune homme. Mais c'est très simple : vous entrez dans le bâtiment qui se trouve juste en face.
Et c'est tout.
Le diable sortit aussitôt du bistrot, et une fois sur le trottoir, il découvrit, de l'autre côté de la rue, une
ravissante chapelle, celle de " Sainte-Bernadette ". Sans la moindre hésitation, il s'élança pour traverser et
se fit écraser par un camion qui roulait si vite qu'il n'eut pas le temps de freiner.
Depuis le bistrot, le jeune homme avait suivi toute la scène. L'ange glissa les six feuillets, signés, dans son blouson
de cuir puis il se leva. Autour de lui les gens se précipitaient pour porter secours au malheureux piéton, mais
c'était inutile. Il n'y avait plus rien à faire.
L'ange coiffa son casque intégral et enfourcha sa puissante moto. Les hurlements des sirènes se faisaient déjà entendre
dans le lointain et quelqu'un fit remarquer que "décidément, ce carrefour devenait de plus en plus dangereux !"
"Et de quatre ! songea l'ange avec une évidente satisfaction. J'ai hâte de voir la tête de l'archange Gabriel quand
Saint Pierre me décernera le trophée du meilleur représentant du mois."
Et son grand éclat de rire angélique se perdit dans le vrombissement du moteur de sa moto.