Conduite accompagnée

par Claude JEGO

Après avoir fait le tour de l'appareil pour un rapide contrôle extérieur, Jacques grimpa lestement sur l'aile de son Piper Arrow blanc et s'engouffra dans la cabine. Il se glissa derrière le manche à balai, puis referma la portière et vérifia que les cartes de vol étaient bien à portée de main avant de boucler sa ceinture. Ensuite, il mit le contact et l'hélice commença à tourner lentement, puis plus rapidement, et le moteur fit entendre son joli bruit régulier. Jacques passa mentalement en revue le reste de sa check-list sans rien trouver d'anormal ; il pouvait donc s'aligner sur la piste.
Il y avait peu de monde sur le petit aérodrome de Romanin malgré une matinée largement entamée. Avec le lever du jour, une épaisse couche nuageuse s'était installée, empêchant les vols pour manque de visibilité ; aucun pilote censé n'aurait eu plaisir à aller se perdre dans ce triste matelas grisâtre.
A regret, Jacques avait donc dû attendre que le ciel se dégage. Il préférait pourtant voler aux aurores ; c'est une habitude qui lui était venue en apprenant le pilotage avec un moniteur alcoolique. En arrivant tôt sur l'aérodrome de Romanin, il avait toutes les chances de le trouver encore à jeun. Une fois sa licence de pilote amateur obtenue, Jacques avait décidé de rester dans le modeste aéro-club où il avait pris ses petites habitudes. L'ambiance était détendue, et les membres du club savaient se montrer discrets et courtois
L'autorisation de décollage en provenance de la mini tour de contrôle ne se fit pas attendre et bientôt le monomoteur, baptisé "L'alizé", prit son envol sur l'unique piste goudronnée de l'aérodrome. Jacques mit les gaz, et dès que l'appareil eut acquis suffisamment de vitesse, il tira sur le manche à balai. "L'alizé" se cabra puis s'éleva dans les airs, laissant rapidement derrière lui les modestes hangars plantés au bord des champs de blé.
Aussitôt qu'il eut atteint l'altitude de deux mille pieds, Jacques jeta un rapide coup d'oeil aux instruments de bord pour s'assurer que tout était normal, puis il vira légèrement sur la droite et poursuivit en direction du sud.
Quelques jours plus tôt, en feuilletant un guide touristique de la région, il avait été ébloui par la photographie d'un village niché au coeur d'un charmant vallon. Les maisonnettes en vieille pierre, les ruelles pavées et les cascades de genêts cernées par une rivière tumultueuse "la Doucine" lui avaient donné l'envie d'aller effectuer un repérage. Si l'essai se révélait concluant, Jacques mettrait à profit son prochain week-end pour se rendre sur place en voiture et admirer ainsi, de plus près, ce bijou.
"L'alizé" survola un troupeau de vaches tranquillement occupées à paître dans leur pré ; le passage de ce gros moustique les laissa totalement indifférentes.
Jacques aimait beaucoup voler. D'abord parce que c'était un réel plaisir pour lui d'entendre le ronron de son monomoteur et, ensuite parce qu'il savourait pleinement cette absolue solitude. Ici au moins, pas de bavardages inutiles. Car, en parfait égoïste qu'il était, avant d'apprécier la compagnie des autres Jacques aimait d'abord la sienne.
Jacques aperçut soudain dans un recoin du ciel quelques cumulo-nimbus qu'un coup de vent pernicieux poussait à sa rencontre ; leur couleur sombre ne laissait rien présager de bon. Il songea qu'il devrait écourter sa promenade aussitôt après sa découverte du hameau, s'il ne voulait pas risquer un atterrissage version "Noé et le déluge".
Pour l'instant, il se régalait en admirant le paysage où se mélangeaient prairies et montagnes. Jacques tendit l'oreille pour s'assurer que son moteur tournait parfaitement rond tandis que l'anémomètre lui confirmait que sa vitesse était correcte. Le vol se déroulait dans de bonnes conditions.
"L'alizé" vira à nouveau sur l'aile et perdit un peu d'altitude, survolant de sa grande ombre une volée d'hirondelles. Affolés, les oiseaux s'éparpillèrent dans le ciel.
- Quelle beauté ! Je ne m'en lasse pas, prononça soudain une voix émue.

Jacques sursauta si fort qu'il fit faire à l'appareil une légère embardée.
- Soyez prudent ! conseilla la voix. Un accident est vite arrivé.

Jacques tourna la tête pour découvrir, avec stupeur, que le siège passager n'était plus vide. Un inconnu - la trentaine, cheveux châtains, un visage poupin plutôt souriant - s'y trouvait assis. Il portait un jean en velours et une chemise à carreaux vert et jaune de très mauvais goût qui dissimulait mal son ventre grassouillet qui débordait largement par-dessus la ceinture.
- Qui êtes-vous ? s'exclama Jacques en ouvrant des yeux ahuris. Que faites-vous là ? Quand êtes-vous monté à bord de mon appareil ?
- Ho la ! s'esclaffa l'homme avec un rire chevrotant. Une question à la fois, vous voulez bien, Jacques ? Cela ne vous ennuie pas que je vous appelle par votre prénom ? Moi, c'est Maurice. J'adore voler, je trouve ces coucous tellement amusants. Depuis quand suis-je à bord ? Depuis le décollage, c'est évident. C'était une question stupide et parfaitement inutile, vous ne pensez pas ?
- Euh..., fit bêtement Jacques, décontenancé par la situation.

Avant qu'il n'ait pu recouvrer son sang-froid, son passager se mit à fredonner : "Pourrr-tant, que la mon-tagne est bel-leu..." Puis il avoua dans un soupir : La nature a toujours eu pour effet de me rendre mélancolique. Vous aimez Jean Ferrat ? Moi, j'adore ses chansons.
Pendant cette tirade bucolique, Jacques avait rapidement réfléchi. Il n'avait pas regardé derrière son siège avant de décoller (il n'en avait jamais vu l'utilité jusqu'à ce jour) ; le passager clandestin - comment l'appeler autrement ? - avait dû s'y cacher pendant que l'appareil se trouvait encore sous le hangar.
- Ce que vous avez fait est totalement illégal ! Dès que nous aurons atterri, vous devrez vous expliquer avec la police, monsieur.
- Maurice, insista l'inconnu. Puisque je vous le demande gentiment.

Jacques aurait bien voulu lui répondre vertement mais il était si énervé que les mots lui firent défaut. Agacé, il empoigna le micro et s'efforça d'entrer en contact avec la tour de contrôle sans y parvenir, le haut-parleur ne laissant échapper qu'un déplaisant mélange de craquements et de sifflements.
- C'est inutile, lui assura Maurice. Il y a une zone orageuse dans les environs. La météo n'est vraiment pas terrible aujourd'hui, par contre il parait qu'on devrait avoir un beau week-end. J'irai peut-être à la pêche.

Jacques abandonna ses essais après trois tentatives infructueuses et se résolut à faire demi-tour ; il n'était pas question qu'il supporte la présence d'un intrus dans son "Piper Arrow". Il opéra un changement de cap et reprit de l'altitude.
Maurice se répandit aussitôt en compliments :
- Quel excellent pilote, vous faites, Jacques ! s'extasia-t-il. Si-si, je vous assure. Tout en douceur, sans à-coups. Je déteste les à-coups. Figurez-vous que la dernière fois, j'avais affaire à un pilote débutant. Eh bien, vous me croirez si vous voulez, j'ai eu envie de vomir tout le long du trajet. Et pourtant je détiens un grand nombre d'heures de vol, presque un record.
- Vous savez piloter ? s'enquit Jacques, intrigué malgré lui.
- Oh ! Non. Je me contente d'être passager, c'est suffisant dans ma profession. A propos, puisqu'on aborde le domaine professionnel, vous avez la réputation d'être un redoutable chef d'entreprise. Un gros chiffre d'affaires, un bénéfice en hausse pour la quatrième année consécutive, des actions qui ont pris quinze pour cent en un an, vous êtes une main de fer dans un gant de velours. Enfin, si l'on peut dire parce que vous en êtes quand même à votre troisième plan social ! Cela représente combien de licenciements au total ?
- ...
- Vous ne vous rappelez pas ? Vous m'étonnez. Je pencherais pour six cent vingt personnes, à une dizaine près.
- Qui êtes-vous donc ? gronda Jacques en jetant un regard courroucé à son passager clandestin. Vous avez l'air d'en savoir long sur moi et pourtant je suis certain qu'on ne s'est jamais rencontré.
- Vous avez raison mais j'ai tellement entendu parler de vous. En bien ou en mal, cela dépend de la personne, bien entendu, et cela fait même une sacrée différence, vous pouvez me croire. Par exemple, prenons vos actionnaires. Ils sont ravis de voir autant d'argent tomber entre leurs mains, et je les comprends. Du côté de vos employés, le refrain est très différent. Ils sont même d'une ingratitude incroyable ! Après tout ce que vous avez fait pour eux, cela ne vous chagrine pas ?

Machinalement, Jacques effectua quelques vérifications de routine, puis rectifia légèrement sa ligne de vol. Il avait hâte de rejoindre au plus vite son terrain d'atterrissage ; cette conversation prenait une tournure qui le désorientait.
- Qui êtes-vous à la fin ? s'énerva-t-il. N'essayez pas de me faire croire que vous êtes monté dans mon avion par hasard, vous vous comportez comme si vous me connaissiez.
- De réputation, Jacques, rappela Maurice. Je vous l'ai dit : seulement de réputation. Bon d'accord, je le confesse, je suis ici dans un but bien précis. Je dois absolument vous parler, et j'ai pensé qu'un tête-à-tête serait tout indiqué. Tiens, c'est amusant que vous parliez de hasard. Vous qui aimez contrôler tout ce qui vous entoure, c'est un mot qu'on ne s'attend pas à trouver dans votre bouche.

S'interrompant net, Maurice pointa l'index pour montrer un point noir qui se déplaçait loin devant eux.
- Un aigle royal ! s'écria-t-il avec enthousiasme. Regardez comme il tournoie joliment dans le ciel ! Il cherche sa proie, un lièvre peut-être. Dès qu'il l'aura repérée, la pauvre bête sera condamnée à lui servir de repas. Quelle triste fin, vous ne trouvez pas ?

Sans attendre de réponse, Maurice se mit à fredonner : "Quand sssoudain, sssemblant creuuu-ver le ciel, et ve-nannnt de nulle paaaart, surgit un ai-gleu-noir. Ah ! Barbara...Quel talent !"
Voyant que Jacques gardait le silence, Maurice prit un ton moqueur avant de poursuivre :
- On m'a rapporté qu'il y aurait eu un petit incident, la semaine dernière, au cours d'une partie de chasse. Un aigle, semblable à celui-ci, aurait été abattu. C'est une espèce protégée et la loi est très sévère en pareil cas. Vous auriez pu avoir de gros ennuis si vous n'aviez pas payé grassement les chasseurs qui vous accompagnaient pour obtenir leur silence. L'argent, ça simplifie la vie. Vous êtes bien d'accord avec moi, Jacques ?

S'il n'avait pas dû tenir le manche pour garder son appareil en vol, Jacques se serait jeté sur "Maurice" et lui aurait serré le cou. Pour le faire parler ou pour le faire taire, il n'avait pas de préférence, en tout cas, il se promettait de le faire sitôt l'avion posé. En attendant, il allait devoir le supporter encore quelque temps.
Subitement, une idée lui traversa l'esprit.
- Un détective privé. Mais bien sûr ! s'exclama Jacques persuadé de détenir enfin la solution de cet étrange énigme. Qui vous paye ? Mes concurrents ! S'ils croient qu'ils vont me mettre hors jeu en mouchardant cet accident de chasse à la police, ils se trompent. Avec un bon avocat, je m'en sortirai sans difficulté et il leur faudra inventer une autre astuce pour m'éliminer.

Jacques se tourna vers Maurice, guettant une confirmation, mais celui-ci fit "non" de la tête.
Jacques chercha à nouveau :
- Ma femme ! J'aurais dû y penser plus tôt. Elle veut obtenir le divorce et m'extorquer une pension alimentaire. Elle vous a engagé afin de me surprendre en flagrant délit d'adultère.

Maurice éclata de rire et son ventre grassouillet tressauta sous la chemise à carreaux. Il lui fallut plusieurs minutes pour retrouver son sérieux.
- Vous êtes impayable, Jacques, réussit-il à dire, les larmes aux yeux. J'ignorais que vous aviez autant d'humour. Un flagrant délit d'adultère ! Avec laquelle de vos maîtresses ? (Il se met à compter sur ses doigts) Votre secrétaire particulière, la conseillère municipale qui vous a aidé à obtenir un terrain pour une bouchée de pain. Je dois en oublier une ou deux, voyons... Votre dentiste - celle-là est tout à fait ravissante - et il y a également la femme de...
- Je ne me suis pas trompé, gronda Jacques, pressé d'interrompre ce vilain déballage de sa vie pas très privée. Alors, inutile de continuer plus longtemps votre petit jeu, monsieur Maurice. Ma femme n'aura pas un sou de moi, plutôt crever !
- Ne dites pas une chose pareille, Jacques, protesta Maurice en perdant aussitôt son sourire. Vous allez attirer le mauvais oeil sur nous.

Comme pour lui donner raison, un coup de tonnerre roula dans le lointain tandis que l'horizon s'obscurcissait soudainement.
- Et voilà ! fit Maurice, l'air contrarié. Moi qui suis superstitieux, je ne parle jamais de malheur. Vous devriez suivre mon exemple.
- Ce n'est qu'un orage, maugréa Jacques. Il ne manquait plus que ça pour me pourrir la vie.

Il fit une nouvelle tentative pour contacter la tour de contrôle, sans plus de résultat.
- Pourquoi vous obstiner ? s'étonna Maurice. Après tout, vous saurez poser cet avion sans leur aide.
- Je croyais que vous étiez un virtuose du pilotage ! s'étonna Jacques. J'ai besoin du feu vert de l'aérodrome pour atterrir, sinon je cours le risque de heurter un autre appareil durant mon approche. Vous devez être un fichu copilote, c'est certain.

Un éclair zébra le ciel, suivi presque aussitôt d'un grondement menaçant.
- On fonce droit dedans, ça va secouer ! avertit Jacques. J'espère que vous avez bouclé votre ceinture ?
- Oui-oui, acquiesça Maurice en tapotant la sangle noire qui suivait la courbe de sa taille.

Jacques surveilla l'altitude de son appareil. Une fois pris dans cette tourmente, il perdrait tout contact visuel avec le sol, et ne pourrait plus se fier qu'à ses cadrans pour le guider.
Chahuté par une bourrasque, "L'Alizé" commença à tanguer tandis qu'un autre éclair déchirait un ciel de plus en plus sombre.
- Vous avez déjà posé votre avion par un temps aussi exécrable, Jacques ? demanda Maurice d'une voix bizarre.

Jacques lui jeta un regard de travers et ne put retenir un rictus. Son passager semblait mal à l'aise, tout à coup.
- Qu'est-ce qui vous arrive, mon cher Maurice ? Ne me dites pas que vous regrettez d'être en ma compagnie, ce serait trop drôle. (Puis avec un haussement d'épaules) Ne vous inquiétez pas, on ne risque pas grand-chose à bord de ce coucou, les commandes sont mécaniques. Si la foudre nous touchait, seule la radio serait endommagée. Et arrêtez de claquer des dents, c'est lamentable !
- Oh ! Je n'ai pas peur, affirma Maurice malgré son teint verdâtre. Après tout, c'est vrai, moi je ne risque rien. C'est à vous que je pense.
- A moi ? Vous êtes un petit marrant. Je vous rappelle que vous êtes à mes côtés et que si l'avion s'écrase, vous n'aurez pas plus de chances que moi de vous en sortir ?
- Euh... Jacques ? Il faut que je vous avoue une chose importante.
- Pour les confidences, ce n'est vraiment pas le moment, rétorqua Jacques le regard fixé droit devant lui. J'ai du mal à tenir l'avion avec ces fichus rafales de vent qui nous baladent dans tous les sens et la pluie qui se met de la partie !

Mais Maurice ne tint aucun compte de sa protestation :
- Je ne suis pas détective, Jacques, je suis... le diable. Enfin, plus précisément, l'un de ses représentants. Comme les faux pères Noël que l'on voit dans les rues en décembre, vous voyez ce que je veux dire ? Mon patron est franchement débordé de travail, alors il emploie des assistants et je suis l'un de ceux-là.

"Un fou ! pensa Jacques, effaré. Il ne manquait plus que ça. Qu'est-ce qui peut m'arriver de pire ?"
Il y eut un nouvel éclair, puis les nuages commencèrent à se vider, noyant le Piper Arrow sous des torrents de pluie.
- Nom de Dieu ! jura Jacques.
- Inutile de l'appeler à votre secours, il y a longtemps que vous ne l'intéressez plus, laissa tomber Maurice. D'où la raison de ma présence ici.

Soudain, la radio émit un grésillement et une voix nasillarde leur parvint :
- Fox Tango Charly, Romanin Tour, répondez ?

Jacques ressentit un énorme soulagement :
- Fox Tango Charly, demande atterrissage d'urgence !
- Bien reçu Fox Tango Charly.

Aveuglé par les trombes d'eau, Jacques ne distinguait plus rien et il serrait si fort le manche à balai entre ses mains pour contrôler l'inquiétant mouvement de balancier des ailes malmenées par le vent, que ses jointures blanchissaient sous l'effort. Il s'efforça de garder son sang-froid. Aussitôt qu'il serait redescendu dans la plaine, il pourrait perdre de l'altitude et, avec un peu de chance, il apercevrait bientôt la tour de l'aérodrome.
Un violent éclair embrasa l'atmosphère et foudroya l'avion. Le tableau de bord s'éteignit puis se ralluma. D'énormes grêlons se mirent à marteler la carlingue de l'Alizé dans un vacarme assourdissant.
- Je suis désolé, Jacques, dit gentiment Maurice tandis que sa silhouette commençait lentement à s'effacer.
- Attendez, att..., bégaya Jacques qui n'en croyait pas ses yeux.

Cédant à la peur, il tenta d'agripper son passager clandestin mais sa main ne rencontra que le vide. Il était désormais seul dans le monomoteur. Soudain, il y eut une trouée et Jacques entraperçut la plaine et les hangars de Romanin. Il amorça la descente et songea que dans quelques minutes, tout ceci ne serait plus qu'un mauvais souvenir. C'est alors qu'une forme noire surgit brusquement devant lui comme dans un cauchemar, les ailes largement écartées.
- Qu'est-ce que...

Il n'eut pas le loisir d'en dire plus. L'aigle traversa la vitre comme un boulet de canon, projetant des morceaux de verre à travers tout le cockpit. Jacques ressentit soudain une vive douleur à la tête, le manche à balai lui échappa des mains. Dans une semi inconscience, il perçut le bruit du monomoteur qui tombait en chute libre. Un liquide chaud se mit à lui couler le long du nez, des gouttes de sang s'écrasèrent sur sa veste.
"Je suis blessé, pensa-t-il avant d'essayer de réagir. Je dois redresser l'appareil, il le faut."

Mais son corps ne lui obéissait plus.
"A cette altitude, je n'ai aucune chance de m'en sortir", réalisa-t-il.

Et soudain la voix de Maurice résonna une dernière fois à ses oreilles :
- Ne vous faites pas de souci, Jacques, je vous rejoins tout à l'heure, comme promis. Je vous présenterai mon patron, je suis sûr qu'il vous plaira.



F I N


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